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Au secours, mon chat est insomniaque

Au secours, mon chat est insomniaque

Du quart d'heure de folie…

Beaucoup de chats, le soir venu, ont leur petite crise de folie : durant une quinzaine de minutes en moyenne, ils courent très vite en tous sens, grimpent au mur ou le long des rideaux, dérapent, miaulent, grondent, sautent sur vos genoux comme prêts à vous griffer… puis s’interrompent subitement comme si de rien n’était. Ce « quart d’heure africain » comme on le surnomme parfois est en réalité une crise d’activité. En quelques minutes, le chat trop sédentaire va ainsi concentrer toutes la dépense énergétique dont il n’a pas bénéficié au cours de sa journée. Ce phénomène se produit rarement en plein jour, mais, plus naturellement, au crépuscule, à l’aube, voire au beau milieu de la nuit, moments où le besoin d’activité du chat touche à son paroxysme.

 

À la nuit blanche

Un quart d’heure, ça va, toute une nuit bonjour les dégâts. Insomnies, manque de concentration, fatigue, irritabilité : depuis que votre félin favori a décidé de vous garder éveillé toutes les nuits, votre vie avec lui est devenue un enfer. Tandis que vous cherchez désespérément le sommeil, l’animal s’amuse à sauter sur vos doigts de pied au moindre mouvement sous la couette, ronronne lourdement au creux de votre oreille et vous griffe amoureusement le visage lorsqu’il se sent trop délaissé. S’il n’a pas accès à votre lit, ni même à votre chambre, c’est alors par le bruit qu’il cherchera par tous les moyens à attirer votre attention. Coups de griffe contre la porte, miaulements incessants, objets qui tombent à grand fracas : quand M. Chat décide de se faire entendre, il sait comment s’y prendre, contrairement à vous. Car, il faut bien l’avouer, plus vous essayez de le réprimander, plus il s’en donne à cœur joie. Vous avez beau le chasser rageusement de la main, le gronder, voire faire voler votre savate à travers la pièce, minou continue de plus belle, ayant finalement obtenu ce qu’il voulait : vous réveiller !

 

Quelles solutions ?

La première des mesures à prendre est celle de l’indifférence. Montrez-vous plus têtu que votre chat et, même si la colère vous démange, ne réagissez pas. Seule votre absence de réaction démontrera au chat que ses efforts sont vains… et lui donneront peut-être envie d’y renoncer. Quinze jours de ce régime boudeur devraient le mettre sur la piste. À ce premier palliatif, il faut bien sûr ajouter des solutions plus ciblées. Le but : augmenter l’activité diurne de l’animal de manière à lui donner envie de se reposer un peu la nuit. L’accueil d’un nouveau compagnon de jeu, comme un chien ou un autre chat, s’avère souvent une solution efficace, mais pas toujours envisageable. Et si minou, n’a guère la chance de pouvoir se divertir avec un autre animal, c’est à votre imagination qu’il va falloir faire appel pour l’amuser et l’obliger à se dépenser. L’idée ? Transformer son espace de vie en minijungle pleine de surprises et de chausse-trappes. Mobiles, balles, plumes, croquettes dissimulées : aménagez et renouvelez régulièrement le décor pour aider votre animal à évoluer dans un environnement où il se sent sollicité. Et n’oubliez pas caresses et câlins qui valent, pour lui, tous les jouets du monde…

 

SOS insomnie

Si l’agitation nocturne s’explique le plus souvent par un manque d’activité, elle peut cependant révéler un trouble plus insidieux et plus profond. Stress, angoisse, malaise général… Envisagez toutes les causes et ne négligez aucune piste. Le cas échéant, n’hésitez pas à aborder le sujet avec votre vétérinaire.

 

 

http://loisirs.lemessager.fr/magazine/animaux/chats/article/au-secours-mon-chat-est-insomniaque.html

9 astuces avec le bicarbonate pour vos animaux

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Ce que nos animaux nous enseignent

Ce que nos animaux nous enseignent

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S’ils sont d’indéniables antidotes à la solitude et au stress, les animaux de compagnie sont aussi de véritables donneurs de leçons… de vie. A condition de les observer attentivement et de les aimer pour ce qu’ils sont.

 

L’indéfectible loyauté du chien, la fière sensualité du chat, l’hypersensibilité du cheval, l’inaltérable impassibilité du poisson rouge… La surenchère dans le choix des épithètes est la règle dans le monde des animaux de compagnie. Un univers dans lequel projections narcissiques, amour de la nature et connaissances empiriques cohabitent avec plus ou moins d’excès.

 

Amour des animaux ou amour de soi ?

Contrairement à l’idée reçue qui associe animal familier et personne seule, ce sont les foyers d’au moins trois personnes qui accueillent chiens et chats (Les Français et leurs animaux de compagnie, enquête Facco/TNS Sofres, 2003). La principale motivation ? L’amour des animaux, déclarent d’une seule voix 60 % des propriétaires interrogés. Mais aussi le plaisir d’avoir de la compagnie et de s’en occuper. Le développement de l’enfant est également un argument non négligeable, mis en avant par 70 % des familles « adoptantes ». Les trois quarts des personnes interrogées insistent sur le « rôle social » de l’animal de compagnie, créateur de lien, agent actif contre la solitude et antistress unanimement reconnu.

 

« La relation à l’animal de compagnie est en pleine évolution depuis vingt-cinq ans, constate Jean-Luc Vuillemenot, secrétaire général de l’Association française d’information et de recherche sur l’animal de compagnie (Afirac). Autrefois utilitaires dans le milieu rural, peluches vivantes pour les enfants ou petits compagnons des personnes âgées, le chien et le chat ont totalement investi la famille. La dimension affective dans cette relation ne cesse de se renforcer. Ce qui est nouveau, c’est la notion de responsabilité, d’engagement. On veut connaître son animal, son fonctionnement, à la fois physique et affectif, pour mieux s’en occuper. » Une connaissance que nombre de propriétaires acquièrent par l’observation de leur animal et sur laquelle ils sont la plupart du temps intarissables. Car parler de son chien ou de son chat engage l’affect de manière parfois incontrôlable.

 

« On ne peut nier qu’il existe un investissement narcissique important dans la relation avec l’animal de compagnie, remarque Isabelle Bianchi, psychologue. Le propriétaire évoque souvent la particularité de son animal, sa capacité à réagir à telle ou telle situation, à devancer certaines demandes. Le discours tourne la plupart du temps autour de la spécificité de son chien ou de son chat, et cela est fréquent chez les personnes qui ont du mal à parler d’elles. »

 

L’école de la différence

L’animal de compagnie, un thérapeute qui s’ignore ? Si l’animal a le don de délier les langues et de générer des démonstrations affectives particulières, sa spécificité est justement de ne pas être un thérapeute, selon Nadine Centena, psychologue et membre de l’Afirac. « A une époque où tout doit être thérapeutique, l’animal de compagnie offre, lui, un espace relationnel, qui a certes des effets bénéfiques, mais qui repose sur l’absence de norme et d’attentes particulières. Entre un chien ou un chat et son propriétaire, il se passe des choses d’ordre émotionnel, mais est-ce pour autant thérapeutique ? »

 

Pour la psychologue, la plus grande vertu de cette relation réside dans sa dimension créative. « Le fait que la communication avec l’animal soit non verbale oblige à affûter son sens de l’observation, pour le comprendre et être compris de lui. En cela, elle est une école de l’altérité. »
Pour l’éthologue américain Aaron Katcher, cité par l’ACPS (In les dossiers de l’Animal de compagnie presse service (ACPS) n° 3, bulletin de l’Afirac), « notre relation avec l’animal de compagnie n’est ni un substitut ni une singerie des relations humaines, mais un supplément qui les enrichit ».

 

« Le besoin qu’a l’homme de s’approprier la nature est inscrit en lui depuis les origines, affirme l’anthropologue Jean-Pierre Digard, directeur de recherche au CNRS et auteur des Français et leurs animaux (Hachette, 2005). Le phénomène “animal de compagnie” est allé croissant avec la perte progressive du contact avec la nature. En prenant un animal sous son toit, l’homme a, d’une certaine façon, l’impression de la recréer. » Selon l’anthropologue, outre le besoin de la proximité et la fascination, l’homme serait en quête de rédemption. « Dans toutes les sociétés de chasseurs, les hommes rapportent chez eux les petits des animaux qu’ils ont tués à la chasse, et ces animaux sont élevés comme des enfants. D’une certaine façon, ils équilibrent l’acte de tuer et l’acte de nourrir et d’élever. Dans nos sociétés de grand abattage animalier, il se pourrait que les animaux de compagnie soient inconsciemment associés à des animaux rédempteurs, c’est ce que j’appelle la quête d’innocence. »

 

Le chien

 

Son maître mot : la sociabilité. A la fois affectueux et respectueux de la hiérarchie, il sait observer son entourage avant d’établir des relations personnalisées avec chacun des occupants de son territoire.

L’esprit du maître

Propriétaire de teckel ou de labrador, même combat. Malgré la diversité de leurs motivations, les propriétaires canins partagent une même attirance pour la hiérarchie (pour le chien, le maître est son chef de meute) et les relations loyales (malgré d’éventuels mauvais traitements, le chien peut demeurer soumis à son maître). Si les hommes entretiennent un rapport de domination avec leur chien, et le choisissent souvent de grande taille, les femmes préfèrent un animal que l’on peut prendre sous le bras, et ont tendance à le materner. Les propriétaires de chien apprécient particulièrement son adaptabilité émotionnelle, ainsi que sa capacité à manifester une affection inconditionnelle.

La leçon du chien

Observer avant d’entrer en relation. Ses qualités sont essentiellement relationnelles. Observateur, empathique, il ressent fortement la peur et le plaisir des humains. Placé dans un environnement nouveau, le chien reste en position d’observation pendant une quinzaine de jours, le temps d’intégrer le fonctionnement hiérarchique et territorial de son entourage : qui est le chef, qui nourrit, qui joue. Ces informations digérées, le chien développe une relation personnalisée avec chacun des occupants de son territoire. Sa spécificité : aller vers tous mais en tenant compte de la hiérarchie. A l’exception des moments de jeu, où il se permet de la bousculer avant de reprendre sa place. Un modèle de sociabilité.

Le chat

42 millions d’amis

La France compte 42 millions d’animaux de compagnie. 52 % des foyers en possèdent au moins un.
le chien : présent dans 27 % des foyers. Pour 83 % des Français, c’est le meilleur ami de l’homme.
le chat : 25,6 % des Français ont au moins un chat. 45 % des foyers « à félins » comptent au moins 3 personnes.
le poisson : environ 4 millions d’aquariums en France. 12 % des Français en ont installé un chez eux.
le cheval : seuls 8 % des Français ont une relation directe avec lui. Mais il est aimé par 83 % de la population.
Sources : « Les Français et leurs animaux de compagnie », enquête Facco/TNS Sofres, 2003 ; enquête Société centrale canine/TNS Sofres, juin 2004 ; www.aquabase.org ; enquête Haras nationaux/TNS Sofres, 2004.

Son maître mot : la juste distance. Cet indépendant hypersensible sait distiller les marques d’affection, juste ce qu’il faut…

L’esprit du maître

Le cliché de l’amoureux des chats, à la fois esthète et solitaire, n’est pas tout à fait erroné. Le chat est un animal territorial plus que social. Pour vivre en bonne entente avec lui, son maître doit respecter son territoire et son rythme de vie, ce qui dessine le profil d’un maître non intrusif et davantage porté vers la contemplation que vers l’action. Les moments d’échanges affectifs et tactiles, généralement choisis par le chat, font de son propriétaire une personne soucieuse de respecter les besoins d’autrui et fermement décidée à défendre les siens.

La leçon du chat

Vivre et laisser vivre. Connaître ses besoins, choisir ce qui lui convient le mieux : le chat n’a pas son pareil pour flairer le meilleur, partout où il se trouve. Au point que certains soulignent son égoïsme. En réalité, le chat est un hypersensible dont les capacités d’attachement, certes peu spectaculaires de prime abord, font de lui un compagnon fidèle, présent et calmant. Il sait toutefois témoigner son affection par de petites touches de tendresse voluptueuses. « Ni trop près, ni trop loin » pourrait être sa devise. Une vraie leçon d’équilibre affectif.

Le poisson

 

Son maître mot : la “zen attitude”. Il sait s’adapter n’importe où, pourvu qu’il y ait de l’eau. Une quiétude absolue qui fait envie.

L’esprit du maître

Peut-on parler de maître ? Qui peut se vanter d’avoir des échanges affectifs avec son poisson rouge ? La main qui distribue la nourriture est-elle seulement vue ? Les animaux à sang froid sont en général appréciés par les tempéraments à sang-froid : esprits observateurs, contemplatifs, mais aussi les esthètes fascinés par ce monde silencieux et coloré qu’ils peuvent faire évoluer à leur gré. L’aquariophilie est une passion évolutive, l’environnement créé par la main de l’homme devient de plus en plus sophistiqué à mesure que l’intérêt esthétique et scientifique se développe.

La leçon du poisson

S’adapter envers et contre tout. Il y a bien sûr l’infinie quiétude du poisson rouge, qui peut voir s’écrouler le monde autour de lui sans qu’une seule de ses écailles ne frémisse. Il est un peu le Monsieur Jourdain du zen. Mais la vraie leçon de vie qu’il donne est une leçon darwinienne : son extraordinaire adaptation dans un milieu totalement artificiel. Une pompe à oxygène, du sable aseptisé, des algues fluo, et le poisson nage, vit et se reproduit comme s’il vivait dans l’océan.

C’est sans doute ce qui fascine les aquariophiles, qui dépensent des sommes astronomiques pour recréer dans leur salon un petit coin du paradis sous-marin des Seychelles. Une vraie leçon de résilience subaquatique.

Le cheval

A DÉCOUVRIR

A lire

Une histoire du cheval de Jean-Pierre Digard. 
Les rapports entre l’homme et le cheval depuis sa domestication (Actes Sud, 2004).

La Plus Belle Histoire des animaux de Boris Cyrulnik, Jean-Pierre Digard, Pascal Picq et Karine-Lou Matignon.
Des spécialistes s’expriment sur le comportement des animaux (Points Seuil, 2002).

Son maître mot : l’authenticité. Véritable éponge émotionnelle, il est capable de ressentir profondément l’amour, la peur ou la gêne, et exige donc des rapports à la fois sincères et pleins d’affection.

L’esprit du maître

Deux profils se dégagent : le dresseur et le randonneur. Le premier est proche du propriétaire de chien. Le dressage exige fermeté, sens de la hiérarchie, autorité et grande sensibilité. Le second associe le cheval à la liberté, aux grands espaces, à l’harmonie avec la nature. Autant le dresseur est pragmatique et exigeant, autant le second est plutôt idéaliste et pratique la « cool attitude ».

La leçon du cheval

Pas d’autorité sans amour. Le cheval suscite l’amour et le ressent profondément. Comme nul autre, il capte la peur, la nervosité, l’impatience, le manque de délicatesse et ne se prive pas de le faire savoir. Pour obtenir gain de cause avec lui : patience, douceur, fermeté et cohérence dans les directives. Son hypersensibilité détecte les messages contradictoires. Avec lui on ne peut pas tricher.

Je veux un animal

L’enfant réclame un animal vers 5 ou 6 ans au moment de l’œdipe, selon le psychiatre Daniel Marcelli, chef du service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent au CHU de Poitiers et auteur, notamment, de Ados, galères, complexes et prises de tête (avec Guillemette de La Borie, Albin Michel, 2005). « Il demande d’abord un petit frère ou une petite sœur, puis reporte son désir sur un animal, moins concurrentiel pour lui. » Les parents doivent percevoir la vraie demande de l’enfant. S’ennuie-t-il à la maison ? A-t-il besoin d’affection ? « Trop souvent l’enfant s’entend dire : “D’accord, mais tu t’en occupes !” déplore Daniel Marcelli. C’est très angoissant pour l’enfant. »

 

 


La Giardiose

LA GIARDIOSE

 

Une maladie fréquente en collectivité (élevage, refuge)

 

Son importance réside en plusieurs points :

il s’agit d’une maladie contagieuse affectant essentiellement les plus jeunes et provoquant un syndrome de malassimilation.
il s’agit d’une maladie qui peut persister à l’état enzootique (c’est-à-dire que le parasite reste toujours présent dans un endroit précis) ;
de plus en plus d’élevages canins sont confrontés à cette maladie : dans environ un tiers des élevages français, le parasite a été isolé. La prévalence, en France, est d’environ 7% chez les chiens adultes. 30 à 45% des chiots de moins de 6 mois sont porteurs du parasite (et jusqu’à 100 % en chenil ou en refuge)
il s’agit d’une zoonose, c’est-à-dire que l’homme peut être contaminé : la giardiose humaine constitue même un problème de santé publique de plus en plus important.

Quel est l’agent responsable de la maladie ?

La giardiose est due à l’action pathogène d’un parasite intestinal de la famille des protozoaires, appelé Giardia duodenalis (ou intestinalis).

Ce parasite existe sous plusieurs formes : une forme flagellée typique mobile (le trophozoïte) et une forme de résistance (le kyste).

Le trophozoïte possède un disque adhésif lui permettant de se fixer sur la muqueuse digestive.

Pour se développer, le parasite a besoin de passer par les deux formes précédemment citées : il possède un cycle évolutif :

Le chien (et chat) se contamine en ingérant des kystes situés dans le milieu extérieur(ingestion d’eau contaminée, léchage du sol, léchage des gamelles, …).
Il semblerait que l’ingestion d’une dizaine de kystes suffise pour contaminer un chien. Sous l’action des sucs digestifs, le kyste est lysé au niveau de début de l’intestin grêle et libère des trophozoïtes. Ces derniers sont mobiles : ils se déplacent le long de la muqueuse digestive, la tapissent, parfois s’y insèrent en profondeur et y adhèrent grâce à leur disque adhésif.
Il se produit, plus loin dans l’intestin grêle, une multiplication asexuée des trophozoïtes qui reforment des kystes.
Ces kystes seront par la suite éliminés dans le milieu extérieur par les selles, une à deux semaines après l’infection.

Remarque : L’homme peut aussi ingérer des kystes : en effet, s’il se met les mains à la bouche après avoir caressé un animal (dont le pelage peut être souillé par des kystes), ou avoir manipulé des gamelles par exemple, il y a des risques de contamination.

Quel est le pouvoir pathogène du parasite ?

Le pouvoir pathogène du parasite est variable selon la souche de Giardia et selon la réceptivité et sensibilité du sujet (il y a en effet des individus symptomatiques, et d’autres simplement porteurs).

Le parasite agit de deux principales façons :

il irrite la muqueuse digestive: en effet, les trophozoïtes tapissent l’épithélium digestif et détruit les microvillosités à sa surface. Par conséquent les capacités enzymatiques et d’absorption du tube digestif sont fortement altérées.

il spolie l’animal en absorbant certains nutriments (glucose, triglycérides, vitamine B12, folates par exemple)

il inhiberait l’action de la lipase pancréatique, engendrant une mal digestion des lipides.

il perturberait la sécrétion biliaire favorisant une pullulation bactérienne intestinale.

Quels sont les principaux symptômes ?

Les jeunes animaux semblent les plus réceptifs (surtout pendant la période allant du sevrage à l’âge de 2 ans). Par conséquent, les jeunes animaux présentent une giardiose symptomatique et constituent la source majeure de kystes. L’incubation est de plusieurs semaines.
Les adultes, moins réceptifs et moins sensibles, sont des sujets porteurs sains (giardiose asymptomatique) et jouent un rôle important dans la pérennité du parasite.
Le tableau clinique caractéristique d’une giardiose est celui d’un syndrome de malassimilation avec :
un appétit normal à augmenté concomitant à un amaigrissement progressif de l’animal. Il faut aussi noter l’absence d’hyperthermie;
une augmentation de la fréquence des selles, une diarrhée chronique, persistante ou intermittente, non hémorragique (selles molles, d’aspect de mastic, luisantes, grasses: signes de stéatorrhée c’est-à-dire de présence de globules gras non digérés dans les selles);
une gêne à la palpation de l’abdomen.
L’évolution est le plus souvent lente sur plusieurs semaines à plusieurs mois et peut aboutir à une cachexie de l’animal atteint, sans altération de l’état général. Le pronostic reste néanmoins favorable.
Remarque : il existe une forme aiguë, plus rare, lors de laquelle le chien présente une diarrhée profuse et aqueuse associée à une diminution de l’état général.

Comment diagnostiquer la giardiose en élevage ?

Le recueil des commémoratifs (chien issu de collectivités) et le tableau clinque (diarrhée chronique ne répondant pas aux traitements habituels) permettent d’orienter la suspicion.
Le diagnostic différentiel doit être fait avec une l’insuffisance exocrine du pancréas : pour cela, un dosage de c-TLI (canine-Trypsin Like Immunology) doit être réalisé à partir d’un prélèvement sanguin.
Plusieurs examens de laboratoire peuvent être utilisés pour mettre en évidence le parasite :
Mise en évidence de trophozoïtes mobiles à l’examen rapide de selles fraiches. L’excrétion intermittente des kystes fait qu’il existe de nombreux résultats faussement négatifs. Cette méthode est beaucoup moins sensible que la suivante.
Mise en évidence de kystes par colposcopie microscopique par la technique de flottation. Afin d’éviter des faux négatifs, il convient de réaliser au moins 3 examens de selles avant d’écarter l’hypothèse de giardase: en effet, un seul examen détecte 73% des porteurs de parasite, deux examens 93% et trois presque 100%.  En élevage, il est conseillé de réaliser une colposcopie parasitaire collective en mélangeant les selles de plusieurs chiens suspects afin d’augmenter la probabilité de mis en évidence du parasite. Cet examen semblait être la méthode de choix bien qu’une récente étude a mis en relief l’exactitude médiocre de cette technique et son inefficacité dans le diagnostic de la giardiose.
Mise en évidence des antigènes du parasite dans les selles. Un kit commercialisé d’immunofluorescence directe existe mais son utilisation nécessite d’avoir un microscope à fluorescence afin de visualiser les kystes. Des techniques ELISA peuvent également êtres utilisées; des kits de détection d’humaine existent afin de détecter les antigènes du parasite canin. Néanmoins, les données bibliographiques témoignent d’une faible sensibilité et spécificité de cette méthode. Depuis peu, un laboratoire a mis sur le marché un kit ELISA rapide, spécifique du parasite du chien et du chat: ce kit est simple d’utilisation (à partir d’un écouvillon rectal) et permet d’avoir un résultat en quelques minutes. Le laboratoire rapporte une sensibilité de 92% et une spécificité de 99 %.
Par conséquent, la colposcopie microscopique nécessite de multiplier les analyses et d’avoir un œil familiarisé à la détection de ce parasite. Les kits ELISA rapides récemment développés semblent séduisants.

Comment lutter contre la giardiose en élevage ?

En traitant les animaux malades…ou porteurs…
Il convient tout d’abord de signaler qu’aucun traitement n’est efficace à 100 % et que l’absence de réponse au traitement mis en place ne permet pas d’écarter totalement la giardiose. Plusieurs raisons existent pour expliquer la difficulté d’éliminer  Giardia duodenalis : 1) le parasite semble devenir résistant à certaines molécules, 2) une immunodéficience ou une maladie générale systémique peuvent rendre plus difficile l’élimination, 3) la réinfection est facile car les kystes sont très résistants dans le milieu extérieur et il en faut peu pour infecter un animal.
Un traitement à base de fenbendazole (semblent efficace : une récente étude fait état de 90 % de réussite chez des chiens infectés expérimentalement.
L’association febantel-pyrantel-praziquantel pendant 3 jours peut également être employée.
Le métronidazole peut également être utilisé . . Il convient de signaler qu’une neurotoxicité de cette molécule existe chez le chien ; cependant il y a très peu de risque si la dose n’est pas dépassée.
Cette molécule est aussi intéressante car elle va permettre de corriger la prolifération intestinale de bactéries anaérobies accompagnant une giardiose.
L’oxfendazole a montré son efficacité à la posologie adaptée  pendant 3 jours.
En élevage, il convient de traiter tous les chiens sauf les chiennes gestantes et de contrôler l’efficacité de la thérapeutique par un examen coproscopique à la fin du traitement.
En dépistant les animaux porteurs….
Pour cela, il est nécessaire de réaliser des contrôles réguliers avec des coproscopies systématiques. Il ne faut pas oublier les animaux des autres espèces (chat, herbivores, porcs) qui peuvent être aussi porteurs.
En adoptant des mesures de d’hygiène draconiennes….
En effet, les kystes sont surtout présents dans les milieux humides et résistent facilement au froid (2 mois à 8°C, 1 mois à 21°C et 4 jours à 37°C). Par contre, ils sont sensibles à la dessiccation, aux ammoniums quaternaires en guise de désinfectants. L’eau de Javel semble peu active sur les kystes de Giardia.
Par conséquent, les vecteurs des parasites (éleveurs, techniciens, matériels, animaux) doivent être traités. Pour cela :
Les gamelles d’eau devront être placées en hauteur (pour éviter d’être contaminée par les selles) et approvisionnées en eau propre.
Les cages seront nettoyées à l’aide de détergent, rincées à l’eau bouillante, puis désinfectées avec des ammoniums quaternaires: de nombreuses spécialités existent pour l’hygiène des bâtiments d’élevages.
Le personnel d’élevage (éleveur, animaliers, techniciens) devra nettoyer le matériel utilisé (bottes, pelles, râteaux, …) avec les mêmes produits que précédemment.
Pour que la période de traitement soit efficace, il faut que les mesures hygiéniques durent pendant au moins 3 jours.

 

Source : http://www.vetrepro.fr/article-veterinaire-12-6-giardiose-une-maladie-frequente-en-collectivite

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