Étiquette : maladie de l’élevage

La Giardiose

LA GIARDIOSE

 

Une maladie fréquente en collectivité (élevage, refuge)

 

Son importance réside en plusieurs points :

il s’agit d’une maladie contagieuse affectant essentiellement les plus jeunes et provoquant un syndrome de malassimilation.
il s’agit d’une maladie qui peut persister à l’état enzootique (c’est-à-dire que le parasite reste toujours présent dans un endroit précis) ;
de plus en plus d’élevages canins sont confrontés à cette maladie : dans environ un tiers des élevages français, le parasite a été isolé. La prévalence, en France, est d’environ 7% chez les chiens adultes. 30 à 45% des chiots de moins de 6 mois sont porteurs du parasite (et jusqu’à 100 % en chenil ou en refuge)
il s’agit d’une zoonose, c’est-à-dire que l’homme peut être contaminé : la giardiose humaine constitue même un problème de santé publique de plus en plus important.

Quel est l’agent responsable de la maladie ?

La giardiose est due à l’action pathogène d’un parasite intestinal de la famille des protozoaires, appelé Giardia duodenalis (ou intestinalis).

Ce parasite existe sous plusieurs formes : une forme flagellée typique mobile (le trophozoïte) et une forme de résistance (le kyste).

Le trophozoïte possède un disque adhésif lui permettant de se fixer sur la muqueuse digestive.

Pour se développer, le parasite a besoin de passer par les deux formes précédemment citées : il possède un cycle évolutif :

Le chien (et chat) se contamine en ingérant des kystes situés dans le milieu extérieur(ingestion d’eau contaminée, léchage du sol, léchage des gamelles, …).
Il semblerait que l’ingestion d’une dizaine de kystes suffise pour contaminer un chien. Sous l’action des sucs digestifs, le kyste est lysé au niveau de début de l’intestin grêle et libère des trophozoïtes. Ces derniers sont mobiles : ils se déplacent le long de la muqueuse digestive, la tapissent, parfois s’y insèrent en profondeur et y adhèrent grâce à leur disque adhésif.
Il se produit, plus loin dans l’intestin grêle, une multiplication asexuée des trophozoïtes qui reforment des kystes.
Ces kystes seront par la suite éliminés dans le milieu extérieur par les selles, une à deux semaines après l’infection.

Remarque : L’homme peut aussi ingérer des kystes : en effet, s’il se met les mains à la bouche après avoir caressé un animal (dont le pelage peut être souillé par des kystes), ou avoir manipulé des gamelles par exemple, il y a des risques de contamination.

Quel est le pouvoir pathogène du parasite ?

Le pouvoir pathogène du parasite est variable selon la souche de Giardia et selon la réceptivité et sensibilité du sujet (il y a en effet des individus symptomatiques, et d’autres simplement porteurs).

Le parasite agit de deux principales façons :

il irrite la muqueuse digestive: en effet, les trophozoïtes tapissent l’épithélium digestif et détruit les microvillosités à sa surface. Par conséquent les capacités enzymatiques et d’absorption du tube digestif sont fortement altérées.

il spolie l’animal en absorbant certains nutriments (glucose, triglycérides, vitamine B12, folates par exemple)

il inhiberait l’action de la lipase pancréatique, engendrant une mal digestion des lipides.

il perturberait la sécrétion biliaire favorisant une pullulation bactérienne intestinale.

Quels sont les principaux symptômes ?

Les jeunes animaux semblent les plus réceptifs (surtout pendant la période allant du sevrage à l’âge de 2 ans). Par conséquent, les jeunes animaux présentent une giardiose symptomatique et constituent la source majeure de kystes. L’incubation est de plusieurs semaines.
Les adultes, moins réceptifs et moins sensibles, sont des sujets porteurs sains (giardiose asymptomatique) et jouent un rôle important dans la pérennité du parasite.
Le tableau clinique caractéristique d’une giardiose est celui d’un syndrome de malassimilation avec :
un appétit normal à augmenté concomitant à un amaigrissement progressif de l’animal. Il faut aussi noter l’absence d’hyperthermie;
une augmentation de la fréquence des selles, une diarrhée chronique, persistante ou intermittente, non hémorragique (selles molles, d’aspect de mastic, luisantes, grasses: signes de stéatorrhée c’est-à-dire de présence de globules gras non digérés dans les selles);
une gêne à la palpation de l’abdomen.
L’évolution est le plus souvent lente sur plusieurs semaines à plusieurs mois et peut aboutir à une cachexie de l’animal atteint, sans altération de l’état général. Le pronostic reste néanmoins favorable.
Remarque : il existe une forme aiguë, plus rare, lors de laquelle le chien présente une diarrhée profuse et aqueuse associée à une diminution de l’état général.

Comment diagnostiquer la giardiose en élevage ?

Le recueil des commémoratifs (chien issu de collectivités) et le tableau clinque (diarrhée chronique ne répondant pas aux traitements habituels) permettent d’orienter la suspicion.
Le diagnostic différentiel doit être fait avec une l’insuffisance exocrine du pancréas : pour cela, un dosage de c-TLI (canine-Trypsin Like Immunology) doit être réalisé à partir d’un prélèvement sanguin.
Plusieurs examens de laboratoire peuvent être utilisés pour mettre en évidence le parasite :
Mise en évidence de trophozoïtes mobiles à l’examen rapide de selles fraiches. L’excrétion intermittente des kystes fait qu’il existe de nombreux résultats faussement négatifs. Cette méthode est beaucoup moins sensible que la suivante.
Mise en évidence de kystes par colposcopie microscopique par la technique de flottation. Afin d’éviter des faux négatifs, il convient de réaliser au moins 3 examens de selles avant d’écarter l’hypothèse de giardase: en effet, un seul examen détecte 73% des porteurs de parasite, deux examens 93% et trois presque 100%.  En élevage, il est conseillé de réaliser une colposcopie parasitaire collective en mélangeant les selles de plusieurs chiens suspects afin d’augmenter la probabilité de mis en évidence du parasite. Cet examen semblait être la méthode de choix bien qu’une récente étude a mis en relief l’exactitude médiocre de cette technique et son inefficacité dans le diagnostic de la giardiose.
Mise en évidence des antigènes du parasite dans les selles. Un kit commercialisé d’immunofluorescence directe existe mais son utilisation nécessite d’avoir un microscope à fluorescence afin de visualiser les kystes. Des techniques ELISA peuvent également êtres utilisées; des kits de détection d’humaine existent afin de détecter les antigènes du parasite canin. Néanmoins, les données bibliographiques témoignent d’une faible sensibilité et spécificité de cette méthode. Depuis peu, un laboratoire a mis sur le marché un kit ELISA rapide, spécifique du parasite du chien et du chat: ce kit est simple d’utilisation (à partir d’un écouvillon rectal) et permet d’avoir un résultat en quelques minutes. Le laboratoire rapporte une sensibilité de 92% et une spécificité de 99 %.
Par conséquent, la colposcopie microscopique nécessite de multiplier les analyses et d’avoir un œil familiarisé à la détection de ce parasite. Les kits ELISA rapides récemment développés semblent séduisants.

Comment lutter contre la giardiose en élevage ?

En traitant les animaux malades…ou porteurs…
Il convient tout d’abord de signaler qu’aucun traitement n’est efficace à 100 % et que l’absence de réponse au traitement mis en place ne permet pas d’écarter totalement la giardiose. Plusieurs raisons existent pour expliquer la difficulté d’éliminer  Giardia duodenalis : 1) le parasite semble devenir résistant à certaines molécules, 2) une immunodéficience ou une maladie générale systémique peuvent rendre plus difficile l’élimination, 3) la réinfection est facile car les kystes sont très résistants dans le milieu extérieur et il en faut peu pour infecter un animal.
Un traitement à base de fenbendazole (semblent efficace : une récente étude fait état de 90 % de réussite chez des chiens infectés expérimentalement.
L’association febantel-pyrantel-praziquantel pendant 3 jours peut également être employée.
Le métronidazole peut également être utilisé . . Il convient de signaler qu’une neurotoxicité de cette molécule existe chez le chien ; cependant il y a très peu de risque si la dose n’est pas dépassée.
Cette molécule est aussi intéressante car elle va permettre de corriger la prolifération intestinale de bactéries anaérobies accompagnant une giardiose.
L’oxfendazole a montré son efficacité à la posologie adaptée  pendant 3 jours.
En élevage, il convient de traiter tous les chiens sauf les chiennes gestantes et de contrôler l’efficacité de la thérapeutique par un examen coproscopique à la fin du traitement.
En dépistant les animaux porteurs….
Pour cela, il est nécessaire de réaliser des contrôles réguliers avec des coproscopies systématiques. Il ne faut pas oublier les animaux des autres espèces (chat, herbivores, porcs) qui peuvent être aussi porteurs.
En adoptant des mesures de d’hygiène draconiennes….
En effet, les kystes sont surtout présents dans les milieux humides et résistent facilement au froid (2 mois à 8°C, 1 mois à 21°C et 4 jours à 37°C). Par contre, ils sont sensibles à la dessiccation, aux ammoniums quaternaires en guise de désinfectants. L’eau de Javel semble peu active sur les kystes de Giardia.
Par conséquent, les vecteurs des parasites (éleveurs, techniciens, matériels, animaux) doivent être traités. Pour cela :
Les gamelles d’eau devront être placées en hauteur (pour éviter d’être contaminée par les selles) et approvisionnées en eau propre.
Les cages seront nettoyées à l’aide de détergent, rincées à l’eau bouillante, puis désinfectées avec des ammoniums quaternaires: de nombreuses spécialités existent pour l’hygiène des bâtiments d’élevages.
Le personnel d’élevage (éleveur, animaliers, techniciens) devra nettoyer le matériel utilisé (bottes, pelles, râteaux, …) avec les mêmes produits que précédemment.
Pour que la période de traitement soit efficace, il faut que les mesures hygiéniques durent pendant au moins 3 jours.

 

Source : http://www.vetrepro.fr/article-veterinaire-12-6-giardiose-une-maladie-frequente-en-collectivite

La Teigne

LA TEIGNE

Etiologie

Une dermatophytose est une infection contagieuse causée par des champignons kératinophiles et kératinolytiques, les dermatophytes. Ceux qui vont parasiter les animaux appartiennent aux genres Microsporum et Trichophyton. Il est préférable de parler de dermatophytose plutôt que de teigne, car on ne peut parler de teigne que lorsqu’il y a invasion pilaire, ce qui n’est pas toujours le cas..

Microsporum canis est responsable d’environ 95 % des dermatophytoses félines. Bien que son hôte naturel soit le chat, cette espèce est capable d’infecter de nombreuses espèces animales, et est aussi pathogène pour l’homme. Ainsi, la moitié des personnes en contact avec un chat infectédéveloppe des lésions cutanées. De même, on considère que dans 70 % des foyers dans lesquels vivent un chat infecté, il y a au moins une personne infectée. Chez l’homme, Microsporum canis est responsable de tinea corporis, tinea capitis et plus rarement de tinea unguineum. Les propriétaires immunodéprimés par un traitement ou une maladie sont plus sujets au développement d’une dermatophytose.
Les dermatophytoses félines peuvent également être dues à d’autres espèces comme Microsporum gypseum, Microsporum persicolor, ou encore Trichophyton mentagrophytes.

Photo 1: Enfant conatminé par son chat teigneux

Photo 2: Contamination corporelle humaine (« Herpès circiné »)

Epidémiologie

La dermatophytose est une maladie infectieuse fréquente avec une distribution mondiale et une incidence variable selon le type de population échantillonnée et la localisation géographique. De ce fait, selon les auteurs et les études, sa prévalence va de 0 à 100 %.

Les chats représentent un réservoir infectieux non négligeable. On distingue les animaux infectés symptomatiques, qui présentent des lésions, des chats qui sont porteurs sains. Ces derniers peuvent être des infectés asymptomatiques, ou bien de simples porteurs mécaniques. On considère que le portage sain dans les races à poils longs comme le Persan est de 30 à 50 %, et bien plus encore dans leurs élevages. Une attention toute particulière doit donc être prise lors de leur introduction ou de leur sortie d’un effectif. Dans tous les cas, ces animaux sont contagieux et ils doivent donc être considérés comme une source de contamination.
La contamination peut être directe, mais aussi indirecte, par le biais de brosses, colliers, rasoirs, cages, couvertures ou tout autre équipement en contact avec une source de contamination. Les spores peuvent survivre un an dans l’environnement et des poils de chats infectés restent contaminants jusqu’à 18 mois.

Pathogénie

Les facteurs d’hôtes dépendent de l’individu et prédisposent au développement d’une infection. Ces facteurs sont nombreux et variés, incluant l’âge (avec une prédisposition pour les chats jusqu’à un an), les habitudes de toilettage, les maladies débilitantes, les médicaments immunosuppresseurs, une infection par le Fiv et le FeLv, une nutrition inadéquate, un stress de gestation ou d’adaptation et finalement des ectoparasites comme des puces ou des cheylétielles.
Les facteurs génétiques jouent probablement un rôle important dans le développement et la persistance d’une dermatophytose féline. Il est toutefois difficile de dire si ce sont ces facteurs génétiques qui expliquent la plus grande prévalence des dermatophytoses dans les races félines à poils longs, comme le Persan. Les cas d’infection récalcitrante seraient plutôt dus à une incapacité génétique des animaux à produire une réponse immunitaire adéquate, plutôt qu’une espèce particulièrement résistante de Microsporum canis. Pour certains auteurs, cette prédisposition des chats à poils longs résulterait également d’une protection conférée par le pelage, contre l’élimination mécanique des spores par le toilettage.

Les réactions immunitaires induites sont de type humoral et cellulaire. Chez le chat, l’immunité à médiation cellulaire est considérée comme la plus importante et la plus efficace pour se débarrasser des dermatophytes. Les raisons pour lesquelles seuls certains individus en contact avec un dermatophyte développent une infection active sont encore inconnues. Plusieurs hypothèses sont suspectées, de l’immunité de l’hôte jusqu’à la dose infectieuse de l’organisme en cause en passant par des prédispositions génétiques et par des facteurs locaux comme l’intégrité de la barrière épidermique.

Signes cliniques

Les dermatophytoses félines sont très pléomorphes. Classiquement, elles se manifestent sous la forme d’une ou plusieurs lésions alopéciques, souvent circulaires, squameuses ou non, d’évolution centrifuge lente, et principalement retrouvées sur la tête, la face et les extrémités. On observe parfois la présence de croûtes et d’un léger érythème. On peut également observer la formation de comédons.

Photo 3: Alopécie nummulaire faciale

Photo 4: Teigne à localisation auriculaire

Il existe toutefois bien d’autres présentations moins typiques. Les dermatophytoses félines peuvent ainsi se manifester par une dermatite miliaire, une onychomycose, une folliculite, un kérion, une otite externe, ou encore un mycétome dermatophytique. Un mycétome est une lésion pseudo-tumorale, granulomateuse ou pyogranulomateuse du derme, de l’hypoderme, voire des fascias conjonctifs, dont le pus contient des grains, lesquels sont des colonies de l’agent causal. Les mycétomes dermatophytiques n’ont quasiment était observé que chez des chats Persans, et ils ont presque tous été causés par Microsporum canis. Ils sont retrouvés le plus fréquemment sur le tronc ou à la base de la queue. Exceptionnellement, ils peuvent avoir une localisation intra-abdominale. Le traitement de ces mycétomes est difficile, associant chirurgie et traitements antifongiques systémiques (griséofulvine et surtout, kétoconazole et itraconazole).

Photo 5: Chat présentant une teigne et une dermatite allergique

Chez le Persan, les manifestations cliniques peuvent être insidieuses. Dans cette race, la forme clinique la plus fréquente de la teigne à Microsporum canis est une alopécie régionale ou généralisée, dans ce cas assez symétrique et kérato-séborrhéique psoriasiforme. Les manchons pilaires sont fréquents. Des papules et des pustules intactes sont parfois découvertes. La dermatite miliaire liée à une dermatophytose à Microsporum canis est peut-être plus rare chez le persan que chez les chats à poils courts. En écartant les poils, la différence de couleur de la peau, avec la présence d’un léger érythème, est parfois le seul signe d’appel du début de la dermatophytose. Chez le Persan, rares sont les lésions typiques nummulaires que l’on observe généralement dans d’autres races. La tonte révèle bien souvent des lésions étendues qui n’auraient pu être suspectées. Lors de la visite d’achat d’un Persan chaton ou adulte, l’examen dermatologique doit donc être méticuleux. Les risques de portage asymptomatique doivent être évoqués avec le propriétaire avec la possibilité de contagion à l’homme et aux congénères.

Examens complémentaires

Le diagnostic différentiel des dermatophytoses félines est extrêmement vaste dans la mesure où elles présentent un important pléomorphisme clinique. Cela montre donc l’importance des examens complémentaires dans le diagnostic final d’une dermatophytose féline.

L’examen du pelage avec une lampe à rayons ultraviolets, dite lampe de Wood est une méthode simple pour effectuer un diagnostic définitif de dermatophytose. Microsporum canis est la seule espèce qui entraîne une fluorescence et qui ait une importance en médecine vétérinaire. Ce dermatophyte produit des métabolites du tryptophane qui fluorescent dans l’obscurité une fois exposés aux rayons ultraviolets. On considère qu’entre 30 et 80 % des souches de Microsporum canis produisent cette fluorescence. Etant donné le risque de faux positifs dus à des croûtes, des exsudats, des squames, ou encore des textiles, cet examen ne permet pas un diagnostic définitif. Par ailleurs, on n’oubliera pas que seul Microsporum canis entraîne cette fluorescence. Au final, l’absence de fluorescence signifie soit que l’animal ne présente pas de dermatophytose, soit une dermatophytose due à une autre espèce que Microsporum canis, soit qu’il s’agit d’une souche de cette espèce qui n’entraîne pas de fluorescence. En dehors du diagnostic, cet examen à la lampe de Wood est également intéressant pour suivre l’évolution d’une dermatophytose, comme cela a été fait dans ce cas.

L’examen microscopique des poils ou des squames est une technique simple, mais qui demande une certaine expérience. Les poils sont préalablement choisis en périphérie d’une lésion, prélevés à l’aide d’une pince hémostatique, puis placés entre lame et lamelle dans du lactophénol. L’idéal est de choisir des poils qui fluorescent à l’examen à la lampe de Wood. L’observation microscopique s’effectue d’abord à l’objectif 10, et on va rechercher des poils anormalement élargis, enflés, avec une surface irrégulière. Puis, on effectuera un examen à l’objectif 40 afin de rechercher des grappes de spores.

Photo 6: Poil teigneux (au centre)

La culture mycologique est la méthode la plus fiable pour permettre d’effectuer le diagnostic de dermatophytose, et d’identifier spécifiquement le dermatophyte en cause. Cette culture peut être effectuée, grâce à des milieux DTM (Dermatophyte Test Medium), ou bien dans un laboratoire spécialisé. Une fois la pousse fongique obtenue, il est important d’identifier l’espèce en cause. Cela s’effectue par le biais d’une technique de Roth, qui consiste à appliquer un petit morceau de scotch sur la culture, puis de l’examiner au microscope entre lame et lamelle après avoir préalablement déposé une goutte de bleu lactique sous et sur celle-ci. Si la réalisation d’une culture mycologique est simple à mettre en oeuvre, la détermination de l’espèce en cause est bien plus complexe et il convient donc de la faire effectuée par une personne qui en a l’habitude. Microsporum canis n’étant pas un champignon qui appartient à la flore fongique normale du chat, toute culture positive entraînera le traitement de l’animal concerné.L’analyse anatomopathologique de biopsies cutanées n’est généralement pas nécessaire pour effectuer le diagnostic de dermatophytose. Toutefois, cet examen peut être intéressant lorsque que l’on suspecte certaines formes notamment les mycétomes, ou lorsque l’on pense qu’il y a une dermatose concomitante.

Traitements

La dermatophytose féline est une dermatose qui peut se résoudre spontanément, du fait du développement d’une immunité naturelle, en 4 mois environ. Toutefois, il est nécessaire de traiter l’animal concerné du fait du risque de contagion aux personnes et aux animaux, et de la contamination environnementale.

Le contrôle d’une dermatophytose féline passe par quatre points essentiels. Tout d’abord une tonte globale de l’animal, suivi du traitement du chat concerné et de ses congénères, et finalement de l’environnement dans lequel ils se trouvent. A noté que dans cette espèce, le traitement est d’autant plus long et difficile que le nombre de congénères est important. Tous les animaux à culture positive doivent être traités par voie générale et topique jusqu’à négativation, tandis que les animaux à culture négative doivent être séparés, si possible, et traité par voie topique uniquement.

La tonte complète du chat n’est pas obligatoire, mais elle est fortement recommandée, car elle va permettre l’élimination mécanique de nombreux éléments fongiques, et elle facilite l’utilisation et l’action du traitement topique. Cette tonte est obligatoire chez les animaux à poils longs, et notamment le Persan, et chez les chats à poils courts, lors d’atteinte généralisée.

Le traitement de l’environnement est extrêmement important. En effet, il va prévenir les re-contaminations de l’animal, et éviter les contaminations à la fois de ses congénères et des personnes en contact avec l’animal. Cette application doit être effectuée après un ménage drastique, qui va notamment avoir pour effet d’éliminer de manière mécanique les spores présentes dans l’environnement. Tous les revêtements sur lesquels l’animal se couche, ainsi que tous les objets avec lesquels il est en contact doivent être traités, où il faut s’en débarrasser. Dans les chatteries, notamment de Persans, on peut employer des fumigènes, ou de l’eau de Javel pure. Ces produits n’ayant pas d’effets résiduels prolongés, les applications doivent donc être répétées, toutes les semaines, à toutes les 2 semaines.

Ces traitements topiques, systémiques, environnementaux, doivent être poursuivis jusqu’à l’obtention d’au moins une culture négative sur l’animal infecté. Certains auteurs recommandent d’obtenir 2 cultures négatives à 15 jours d’intervalle lorsqu’il n’y a pas de congénères, et 3 cultures négatives à 15 jours d’intervalle lorsque plusieurs animaux sont impliqués.

Conclusion

Les dermatophytoses félines même si elles demeurent communes, n’en demeurent pas moins difficile à traiter, et ce d’autant que plusieurs animaux vivent ensemble. Le traitement des chats à poils longs, notamment le Persan, vient encore compliquer la résolution de la dermatophytose, puisqu’il s’agit bien souvent d’un traitement long, coûteux et plus difficile à réaliser.

 

Revenir en haut Aller en bas

error: Contenu protégé !!!