L’ARTHROSE

 

Vieillissement et arthrose

Grâce au meilleur suivi des chats et aux avancées en médecine vétérinaire, la population féline vieillit. L’arthrose, pathologie fréquente chez les animaux âgés, est de plus en plus observée chez nos chats.

Quels sont les premiers signes ?

Le chat n’exprime pas sa douleur, ainsi les premiers signes de cette maladie sont souvent une modification du comportement. Les propriétaires ne donnent pas de signification pathologique à l’immobilité quasi-permanente de leur chat. Mais, le plus souvent, le chat a mal et devient donc plus irritable, peut devenir malpropre s’il a des difficultés à entrer dans son bac à litière, et risque de développer des troubles anxieux.

Cette maladie est caractérisée par la destruction progressive du cartilage articulaire. Celui-ci recouvre les os au niveau des articulations et permet de diminuer les forces de frottement, de répartir et d’amortir les contraintes subies par l’articulation. On observe également la formation de tissu osseux anormal au niveau de l’articulation. La boiterie est rarement un signe d’appel, par contre si vous observez que votre chat a des difficultés à sauter, à grimper sur des meubles, à monter les escaliers…parlez-en à votre vétérinaire.

Si le diagnostic d’arthrose est confirmé par votre vétérinaire, grâce à des examens radiographiques, le traitement est nécessaire. Le vétérinaire prescrira alors des anti-inflammatoires. Votre vétérinaire pourra aussi vous proposer des protecteurs du cartilage articulaire ou des injections d’acides gras qui semblent avoir un effet bénéfique chez certains chats.

Une surcharge pondérale va accélérer “l’usure” des articulations et il faut donc veiller à nourrir correctement votre chat. On peut donc associer au traitement médical de l’arthrose un régime afin que les articulations déjà fragiles n’aient pas à supporter un poids trop important.

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Questions

 

A partir de quel âge un chat peut-il souffrir d’arthrose ?

Néanmoins, il arrive que l’arthrose apparaisse de manière plus précoce, elle est dans ce cas secondaire à un traumatisme, suite à un accident par exemple.

Comment savoir si son chat souffre d’arthrose ?

Il est difficile de savoir si votre chat souffre d’arthrose car le chat est un animal discret qui n’exprime pas forcément la douleur ou l’exprime de manière différente par rapport aux chiens. Il faut plutôt observer son comportement de manière générale par rapport à son environnement ou aux interactions avec ses congénères et humains qui l’entourent.

Voici une liste de quelques signes qui doivent vous alerter :

–    Malpropreté : difficulté à enjamber le bac à litière
–    Changements de comportement : à cause de la douleur il cherche à éviter les caresses, s’isole, devient irritable voir agressif
–    Gêne pour faire sa toilette : son poil peut se ternir, s’emmêler
–    Manque d’entrain : il joue moins ou ne chasse plus, il ne veut plus aller dehors
–    Difficultés de locomotion, il a du mal à descendre ou à monter du canapé

Mon animal souffre t-il ?

Mon animal souffre-t-il ? Cette question, les propriétaires de chats se la posent bien souvent. Car il n’est pas facile de repérer la douleur de nos petits compagnons félins.

Les chats, en effet, n’expriment pas leur souffrance. Ils la dissimulent au contraire.  Chose qui peut être salvatrice pour les félidés à l’état sauvage, car elle leur permet de cacher leurs faiblesses à leurs prédateurs.

Mais pour les chats domestiques, cette faculté de masquer leur douleur peut s’avérer dangereuse, puisqu’elle empêche les humains de déceler la souffrance de leur animal, et donc de le soigner à temps.

Toutefois, rassurez-vous, il est possible de repérer la douleur chez un chat. S’il ne l’exprime pas clairement, certains signes ne trompent pas.

Un comportement inhabituel

Un chat qui souffre est souvent méconnaissable de par son comportement. Il peut se replier sur lui-même, s’isoler, voir son sommeil perturbé, mais aussi perdre l’appétit, ou encore peiner à faire ses besoins.

Il arrive qu’un chat ressentant une forte douleur cesse d’utiliser sa litière, et qu’il néglige sa toilette.

De même, un chat qui lèche avec excès une partie spécifique de son corps tente sans aucun doute d’apaiser une douleur.

Un chat apathique est un chat qui souffre

Quelque soit son âge, un chat ne devient apathique que si quelque chose ne va pas. Même s’il commence à vieillir, il n’est pas normal qu’un chat cesse de se mouvoir, ou qu’il ne le fasse qu’avec peine, et parce qu’il y est contraint.

Soyez donc vigilants. Si votre compagnon est inactif, ou l’est moins qu’à son habitude, n’attendez pas pour consulter un vétérinaire.

L’agressivité

La crispation et l’agressivité soudaines d’un chat sont d’autres signes d’une probable souffrance.

Si votre animal se montre crispé, grogne ou gronde quand vous le prenez dans vos bras, le caressez ou touchez une zone de son corps en particulier, rendez-vous là encore au plus vite chez le vétérinaire.

Visage contracté et corps tendu

Nos petits compagnons félins sont impressionnants de souplesse et d’agilité. Mais lorsqu’ils souffrent, ils ont tendance à se contracter, notamment au niveau du visage.

Des oreilles tombantes, des yeux plissés à moitié fermés, des pattes tendues lorsqu’il est couché sur le côté : ces signes doivent vous alerter.

En bref, si votre chat ne vous fera jamais clairement part de sa souffrance, de nombreuses manifestations de cette douleur vous aideront à savoir que votre chat va mal.

Si vous observez quelque changement dans son comportement, prenez rendez-vous avec votre vétérinaire. Lui seul pourra évaluer le degré d’atteinte de votre chat grâce à la manipulation de ses articulations ou encore grâce à des examens complémentaires comme la radiographie.

Quelles solutions pour lutter contre l’arthrose ?

L’arthrose étant une maladie qui ne se soigne pas, le but va être de faciliter la vie du chat, d’améliorer sa qualité de vie et soulager la douleur le cas échéant.

Adapter son environnement

On peut par exemple abaisser le bac à litière, mettre les gamelles au sol et non en hauteur,  lui installer un couchage moelleux et chaud, mettre des chaises pour qu’il puisse continuer à  monter sur l’arbre à chat…, le brosser plus souvent pour l’aider dans sa toilette.

Utiliser des compléments alimentaires 

Il est possible que votre vétérinaire ou son assistant, vous propose de lui donner des chondroprotecteurs (protecteur du cartilage). Ce sont des produits vendus sans ordonnance qui peuvent être utilisés en continu ou en cure en fonction des besoins de votre animal.

Médicaments sur ordonnance

Il est souvent nécessaire d’utiliser des médicaments (uniquement sur prescription du vétérinaire) qui nécessitent un suivi et des bilans sanguin réguliers. Les prescriptions sont faites en général sur de courtes durées et au cas par cas.
ATTENTION : N’utilisez jamais de médicaments humains (paracétamol, diclofénac…) pour votre compagnon, certains peuvent se révéler très dangereux voire mortels ! Pensez toujours à prendre l’avis de votre vétérinaire.

Hydrothérapie et physiothérapie

Ces procédés moins connus ont toute leur place dans la gestion de l’arthrose féline. Certains centres proposent des séances de marche dans l’eau ou encore des séances de manipulations et massage. Ces thérapies ont un vrai bénéfice sur la santé de l’animal, elles permettent de diminuer les doses de médicaments et améliorent considérablement le confort du chat.

Est-il possible de prévenir l’arthrose ?

Malheureusement, tous les individus développent tôt ou tard de l’arthrose. Mais certains conseils d’hygiène de vie peuvent retarder son apparition :
–    Maintenir une activité physique modérée mais régulière afin de soutenir la fonction articulaire et musculaire.
–    Favoriser les séances de jeu, en utilisant une souris laser ou même un bouchon et une ficelle !
–    Prévenir le surpoids et l’obésité, en adaptant son alimentation si nécessaire.
–    Changer l’alimentation en privilégiant une alimentation adaptée à l’âge de son chat.

 

 

Article rédigé par Stéphanie Moulet et Hélène Capone, élèves en 2ème année de formation d’Aide Soignant Spécialisé Vétérinaire à l’ESAV