LA TOXOPLASMOSE

 

La toxoplasmose est une infection parasitaire dont l’agent est le protozoaire Toxoplasma gondii. Le parasite infecte le plus souvent des animaux à sang chaud, y compris l’être humain, mais son hôte définitif est un félidé (dont le chat fait partie). Sans gravité dans l’immense majorité des cas pour les sujets immunocompétents, elle ne présente de risque sérieux que pour les femmes enceintes séronégatives et les sujets ayant un système de défense immunitaire affaibli.

Contamination initiale

Les oocystes sont présents sur les plantes ou la terre souillées par des déjections d’animaux (chats en particulier). De là, ils peuvent contaminer les aliments, les mains ou l’eau de boisson, puis être ingérés.

La présence des kystes dans la viande est fréquente : 80% des ovins et des caprins adultes sont contaminés, le porc est généralement contaminé dans moins de 40% des cas, les autres espèces animales peuvent toutes être contaminées mais dans des proportions inconnues.

Lorsque la viande est consommée crue ou insuffisamment cuite, les kystes ne sont pas détruits et s’installent dans l’organisme hôte. Les kystes ne passent pas la barrière placentaire, seuls les trophozoïtes ou tachyzoïtes passent, si la maladie se déclenche en cours de grossesse, et des cas de contamination par greffe d’organe ou transfusion sanguine ont été recensés.

Toxoplasmose et grossesse

Le risque de contamination du fœtus survient lorsque la femme enceinte est en phase septicémique : les parasites peuvent alors coloniser le placenta, puis, de là, parvenir au fœtus. Ce type de contamination ne survient que lorsque la mère contracte la maladie en cours de grossesse (on parle alors de toxoplasmose gravidique), bien que très exceptionnellement, la réactivation de kystes puisse conduire à une transmission du parasite vers l’enfant.

Le risque de passage de la barrière placentaire augmente au cours de la grossesse (il est faible au cours du premier trimestre (inférieure à 5%, et croît les mois suivants jusqu’à atteindre 70 % à terme ), mais en parallèle, les conséquences sont d’autant plus graves que le fœtus est jeune, tant qu’il ne dispose pas d’un système immunitaire complet. La contamination vers la fin de la grossesse peut conduire à des formes bénignes ou à des formes latentes.

Il est bon de rappeler que la toxoplasmose congénitale grave est rare et que celle-ci est souvent diagnostiquée en anténatal. Enfin, de nombreuses études sont en cours pour s’assurer de l’efficacité des traitements proposés.

Contamination au premier trimestre : avant 16 semaines

C’est surtout au premier trimestre et avant 10 semaines d’aménorrhée que les risques sont importants. Dans ce cas le risque est faible mais sévère.
Les conséquences d’une telle contamination, dont le risque est faible, sont particulièrement graves : elles peuvent notamment entraîner la mort in utero ou dans les mois qui suivent la naissance, ou bien provoquer des retards psychomoteurs graves, liés à l’action du parasite sur la formation du système nerveux central (modifications de l’aspect et du volume du crâne, par des calcifications intracrâniennes caractéristiques de la toxoplasmose congénitale, hydrocéphalie, microcéphalie, dilatation ventriculaire). Au niveau neurologique, on peut constater des convulsions, de l’hypertonie ou de l’hypotonie, une modification des réflexes, des troubles végétatifs ou encore des troubles oculaires (dans 80% des cas, une choriorétinite pigmentaire).

Contamination au second trimestre : entre 16 et 28 semaines

Une atteinte cérébrale est toujours possible mais plus rare. On ne retrouve pas au cours de la surveillance échographique des dilatations ventriculaires lorsque la séro-conversion survient après 24 semaines.

Contamination au dernier trimestre : après 28 semaines

Le risque est essentiellement ophtalmologique : choriorétinite pigmentaire (atteinte des pigments de la rétine). Ce risque persiste pendant plusieurs années imposant une surveillance longue de ces enfants. Les lésions oculaires sont généralement faciles à reconnaître mais il existe des formes cliniques qui peuvent égarer le diagnostic. Classiquement, on découvre une lésion jaunâtre qui peut être paramaculaire ou parapapillaire et cette anomalie va évoluer vers une cicatrisation pigmentée.

Diagnostic de la toxoplasmose congénitale
Repose sur une démarche en deux temps

Faire le diagnostic d’infection toxoplasmique acquise au cours de la grossesse

En l’absence habituelle de signe clinique chez la femme enceinte, le diagnostic repose en premier sur le sérodiagnostic qui doit être pratiqué au cours du premier trimestre.
Soit le premier séro diagnostic est négatif (IgG négatif, IgM négatif) , la femme non protégée ; il faut faire un sérodiagnostic tout les mois, le dernier sur sang maternel au moment de l’accouchement ou trois à quatre semaines après l’accouchement.
S’il se positive au cours de la grossesse, c’est une séro conversion : le diagnostic de toxoplasmose acquise au cours de la grossesse est certain. Il faut dater l’infection et faire des examens complémentaires en fonction de l’âge de la grossesse.
Plus délicat, en cas de présence IgG et d’IgM lors de la première sérologie. La datation de la contamination repose alors sur la cinétique des anticorps et l’avidité des IgG. Le présence d’une forte avidité (supérieure à 30%) signe une toxoplasmose acquise avant la grossesse. Il est inutile de répéter les examens et on peut rassurer la patiente.
La faible avidité des IgG ne signifie pas que la toxoplasmose date de moins de quatre mois. Il faut refaire un nouveau sérodiagnostic et si le taux des IgG double que l’on peut poser le diagnostic de toxoplasmose acquise au cours de la grossesse. Le début de l’infection remonte deux mois avant le prélèvement Si le taux reste stable, c’est une toxoplamose acquise avant la grossesse.
La présence d’IgG seule sans IgM ne nécessite aucun contrôle supplémentaire.
La présence d’IgM seule sans IgG est le plus souvent en rapport avec des IgM non spécifique
Dès la séroconversion prouvée, la femme est mise sous spiramycine à la dose de 3 grammes trois fois par jour et jusqu’à la réalisation de l’amniocentèse. En cas de présence d’IGM, au cours du premier prélèvement, on peut mettre la femme sous spiramycine en attendant le deuxième prélèvement.

Faire le diagnostic de toxoplasmose congénitale au cours de la grossesse

Repose sur la recherche de toxoplasme dans le liquide amniotique par amniocentèse et la recherche de signes à l’échographie et éventuellement par IRM.

Amniocentèse

Recherche de toxoplasme par PCR. Cette amniocentèse sera effectué systématiquement pour toute séro conversation avant 22 semaines mais pas avant 18 semaines et après un délai de quatre à six semaines entre l’infection maternelle. La quantification du nombre de copie de P.C.R est un élément pronostic, la présence de plus de 100 copies par millilitre est un facteur de mauvis pronostic. Il n’existe pas de faux positif mais la valeur prédictive négative est de 87% ce qui veut dire qu’une fois sur dix la parasite est présent mais la P.C.R ne le détecte pas. La quantité de liquide amniotique prélevée est très importante, il faut au minimum 20 millilitres.

Aspect échographique : dépendant du terme de l’infection

Au niveau du cerveau fœtal, on peut voir :
Une dilatation des ventricules latéraux débutant par les cornes occipitales, rapidement évolutive, bilatérale si sténose de l’aqueduc de Sylvius ou unilatérale si sténose du trou de Monro. Mais l’absence de dilatation n’a pas une bonne valeur prédictive négative car existence d’atteinte sévère même en l’absence de d’envahissement de l’aqueduc de Sylvius (porencéphalie ou polymicrogyrie).
Des hyperdensités qui sont souvent mieux vues par la voie endovaginale (haute fréquence) de pronostic incertain mais souvent en rapport avec la choriorétinite.
Autres signes
Épanchement péricardique et ascite, calcifications hépatiques, hyperéchogénicité intestinale ou placentamégalie.
Aspects par I.R.M
Pas d ‘I.R.M avant 28 semaines soit pas avant le début de l’apparition de la scissure de Rolando ++ ou mieux 32 semaines.

Confirme l’atteinte multifoccale et recherche d’anomalie de la gyration type polymicrogyrie

Prophylaxie pour la femme enceinte

La vaccination n’existant pas, la prévention est le meilleur traitement :

ne consommer que de la viande bien cuite (cuisson à plus de 67°C au cœur des viandes), surtout le mouton ;
lavage approfondi des salades et crudités, nettoyage des surfaces de travail ayant servir à préparer les légumes;
éviter de manger à l’extérieur des légumes dont on ne connaît pas la préparation ;
porter des gants en cas de jardinage ou si vous vous occupez de la litière d’un chat et se laver les mains;
ne pas s’occuper de la litière d’un chat ou la nettoyer avec de l’eau bouillante, mais bien entendu le chat peut se mettre sur vous et vous pouvez le caresser ! Le risque est quasiment nul si le chat n’a pas accès à l’extérieur et qu’il ne mange pas de viande crue. Laver (et peler) les fruits et légumes avant de les consommer, avec de l’eau vinaigrée ; cuisson d’au moins une minute à 60°C pour les végétaux;
Les précautions suivantes ont une efficacité incertaine sur la destruction des toxoplasmes :

la congélation : des oocytes sporulés ont été retrouvés 28 jours après une congélation à -21°C;
salaison, condiments, fumaison, saumure, conservation sous vide, dessiccation, lyophilisation, désinfection par ultra-violets ou infrarouges, cuisson par micro-ondes.

Vous avez plus de chance d’attraper la toxoplasmose par la nourriture que par votre chat alors ce n’est pas la peine de vous séparez de votre chat parce que vous êtes enceinte !!!!

 

 

 

 

 

extrait de wikipédia